
Les quatorze participants à l’atelier, au Centre d’artisanat de la Communauté valencienne.
Respirez ce que vous êtes. C’est avec cette idée que nous avons ouvert, le vendredi 18 septembre, notre Atelier de création olfactive au Centre d’artisanat de la Communauté valencienne, en plein cœur de Valence. Pendant trois heures, de 15 h à 18 h, quatorze personnes ont mis de côté leur téléphone et leur rythme effréné pour faire quelque chose que nous prenons rarement le temps de faire : sentir en pleine conscience. À la fin de l’après-midi, chacune est repartie avec un flacon de parfum qui n’existait pas le matin même et que personne d’autre au monde ne possède.
Un après-midi pour apprendre à sentir
Une huile essentielle est une matière première naturelle très concentrée : une seule goutte peut représenter plusieurs kilos de matière végétale. C’est pourquoi nous avons commencé par les bases : comment sentir (toujours sur une mouillette en papier, jamais directement au flacon), comment compter les gouttes et pourquoi il est conseillé de sortir de temps en temps pour respirer un air neutre et laisser le nez se reposer.
Christophe Morote, fondateur de Natural SHUI, a ensuite présenté l’outil au cœur du métier de parfumeur : la pyramide olfactive.
- Notes de tête (20–30 %) : les premières senteurs que l’on perçoit. Les agrumes et les notes fraîches apportent une première impulsion, mais s’évaporent au cours des quinze premières minutes.
- Notes de cœur (40–50 %) : les fleurs et les épices. Elles donnent son caractère à la composition et constituent ce que les autres reconnaissent comme « votre parfum ».
- Notes de fond (25–35 %) : les bois et les résines. Elles apportent profondeur et mémoire ; elles contribuent également à fixer les autres notes et à prolonger la tenue du parfum.
Un parfum ne se révèle pas d’un seul coup : il se déploie au fil du temps. Composer un parfum consiste à répartir les gouttes entre ces trois étapes.

Christophe Morote explique la pyramide olfactive.
Sept familles botaniques sur la table
Mouillette après mouillette, chaque participant a exploré une palette de plus de trente matières premières naturelles, réparties en sept familles :
- Les agrumes : citron, bergamote, orange douce et yuzu.
- Les fleurs : lavande, fleur d’oranger/néroli, ylang-ylang, jasmin, champaca et fleur de tiaré.
- Les conifères : sapin blanc, sapin de Sibérie et épinette noire.
- Les feuilles : eucalyptus, romarin, menthe, petitgrain, géranium et patchouli.
- Les épices : cardamome, poivre noir, gingembre et feuille de cannelle.
- Les bois : cèdre, vétiver, santal et notre bois Shui.
- Les résines et les baumes : encens, benjoin, copaïba, vanille, baume du Pérou de Tolu et mousse de chêne.
Deux moments suscitent toujours la surprise. Le premier consiste à sentir successivement la fleur d’oranger, le petitgrain et l’orange amère. Tous trois proviennent du même arbre, l’oranger amer — sa fleur, ses feuilles et son fruit — et pourtant, ils occupent des places différentes dans la pyramide olfactive. La senteur ne dépend pas uniquement de la plante, mais aussi de la partie qui est distillée. Le deuxième moment consiste à rapprocher une mouillette de santal et une autre de lavande. On ne perçoit pas simplement la somme des deux odeurs : une troisième senteur apparaît. C’est un accord, et c’est précisément ce que l’on cherche à créer en composant un parfum.

La palette d’huiles essentielles naturelles disposée sur chaque poste de travail.
La méthode Natural SHUI : du souvenir à la formule
L’atelier a suivi une méthode conçue par Christophe Morote, qui permet à chacun, même sans aucune expérience préalable en parfumerie, de composer un parfum qui a du sens. Son point de départ n’est pas la technique, mais les souvenirs olfactifs de chaque personne.
Première étape : sentir et se souvenir. Au fil de leur découverte des sept familles, les participants notaient les huiles qu’ils aimaient et celles qu’ils n’aimaient pas, et surtout les souvenirs ou les sensations qu’elles éveillaient. Un agrume qui ramène à un été de l’enfance, une lavande qui rappelle la maison d’une grand-mère, un bois qui évoque une promenade en forêt… La méthode s’appuie précisément sur les huiles qui réveillent des souvenirs positifs, car ce sont celles que chacun aura envie de retrouver.
Deuxième étape : choisir une intention. Avant de formuler leur parfum, chaque participant s’est posé la question suivante : Qu’ai-je envie de ressentir lorsque je porterai ce parfum ? La méthode propose huit intentions :
Calme · Sérénité · Rituel du soir · Confiance · Concentration · Créativité · Joie · Sensualité
Troisième étape : croiser souvenir et intention. Le carnet de l’atelier associe chaque huile essentielle aux intentions auxquelles elle est liée, que ce soit en raison de propriétés documentées ou d’usages traditionnels. En croisant ces informations avec leur liste d’huiles associées à de « bons souvenirs », les participants ont constitué leur propre sélection : des huiles qu’ils apprécient, qui leur évoquent quelque chose de positif et qui correspondent à ce qu’ils souhaitent ressentir. Une fois cette sélection établie, ils ont pu passer à la formulation.
Est ensuite venue la partie la plus artisanale : construire le parfum de bas en haut. D’abord les notes de fond, puis les notes de cœur et enfin les notes de tête. Goutte après goutte, en comptant à voix haute et en notant chaque ajout sur la fiche de composition, car sans elle, impossible de reproduire la formule. Les règles de l’atelier étaient claires : huit huiles maximum et soixante-dix gouttes. Un petit nombre d’huiles bien choisies donnera toujours un meilleur résultat qu’une multitude de senteurs entassées les unes sur les autres. D’ailleurs, les compositions les plus mémorables comptent souvent entre quatre et six huiles.

Goutte après goutte : c’est ainsi qu’un parfum prend forme.
Quatorze parfums différents
Le plus beau moment de l’après-midi a été de constater qu’avec la même palette et la même méthode, aucun parfum ne ressemblait à un autre. Certaines compositions étaient lumineuses et hespéridées, d’autres enveloppantes et boisées, tandis que d’autres encore étaient pensées pour la fin de journée. Chaque flacon a reçu une étiquette portant le nom choisi par son créateur ou sa créatrice pour sa synergie.
Et le travail ne s’arrête pas à l’atelier : une composition a besoin de sept à quinze jours de repos à l’abri de la lumière pour que les notes s’harmonisent. Ce que l’on sent le premier jour n’est pas ce que l’on sentira une semaine plus tard. C’est pourquoi chaque participant est reparti avec un petit journal olfactif pour noter l’évolution de son parfum aux jours 3, 7, 15 et 30.

Un parfum naturel qui porte son propre nom.
Naturellement, et en toute sécurité
Chez Natural SHUI, nous travaillons avec des ingrédients naturels et c’est précisément pour cette raison que nous les manipulons avec soin et respect. La sécurité a également fait partie de l’atelier : effectuer un test cutané au pli du coude 48 heures avant la première utilisation ; éviter l’exposition au soleil après l’application de formules contenant du citron ou de la bergamote, car ces ingrédients peuvent provoquer une photosensibilisation ; utiliser les menthes et les épices avec modération ; et ne jamais approcher les huiles essentielles des yeux. C’est la même exigence que nous appliquons chaque jour dans notre laboratoire de Beniparrell.
Merci
Merci aux quatorze personnes qui ont partagé cet après-midi avec nous, pour leur curiosité, leurs questions et leurs éclats de rire. Et merci au Centre d’artisanat de la Communauté valencienne de nous avoir accueillis dans un lieu consacré, comme nous, au travail fait à la main.
Envie de participer à notre prochain atelier ?
Nous préparons de nouvelles dates. Si vous souhaitez créer votre propre parfum naturel, écrivez-nous sur WhatsApp au +34 621 217 543 ou à l’adresse info@naturalshui.es. Nous vous informerons dès l’ouverture des inscriptions.
Merci d’avoir respiré avec nous.